Sous-Verre en Papier Japonais (Fabriquer sa Pulpe à Papier)

Washi Box Août 2017 - Sélection de Papier Japonais Washi et Yuzen

Tutoriel de DIY Papier

Dans la Washi Box d'Août, je vous proposais de façonner des sous-verres avec une pulpe à papier que l'on aurait fabriqué nous-même à partir des washi de la Washi Box. La vidéo du tutoriel est désormais en ligne ici: https://www.youtube.com/watch?v=5HOdfHtH3Ik

L'atelier prend une demi-journée + une journée de séchage. Dans la vidéo, je vous explique :
1/ comment faire de la pulpe à papier (la partie la plus longue = 15min)
2/ le façonnage des sous-verres (environ 5 à 7 min !)
3/ les finitions un fois les sous-verres secs (10 min)

Matériel

1/ Pulpe à Papier  - Ca se passe en cuisine. A partir du washi proposé dans la box, on fait bouillir les fibres pour en faire une pulpe à papier.

  • 1 feuille de washi neutre
  • du carton blanc (si vous n'avez pas assez de washi neutre)
  • 1/2 feuille de washi coloré (si vous souhaitez faire un papier coloré)
  • de la colle à papier peint (ou de la colle blanche)
  • casserole, cuillère, écumoire, mixeur. 

2/ Façonnage du papier - Avec du matériel très simple, on façonne des disques de papier qui feront les sous-verres. 

  • la pulpe à papier (que vous pouvez conserver au frigo pendant 4 à 5 jours, voire une semaine au besoin)
  • louche, cuillère à soupe
  • 1 bol
  • du quadrillage plastique de jardinage (un tami que l'on met au fond des pots pour drainer l'eau)
  • cercle à patisserie ou emporte-pièce large
  • quelques morceaux de tissu (qui ne peluche pas, type lin) et 1 petite serviette
  • pochette ou surface en plastique (pour séchage des disques)

3/ Finition des sous-verre - Une fois sec, on peut trimer les bords des disques de papier, et les imperméabiliseravec un vernis-colle. A laisser sécher pendant une bonne journée.

  • fer à repasser à vapeur
  • ciseaux
  • du vernis-colle (type Décopodge, Décopatch)
  • 1 pinceau
  • des cercles pour laisser sécher les disques recouverts de colle

C'est ma première long vidéo de tutoriel, elle n'est pas parfaite et pleine de fautes. Sumimasen >_< ! Il faut parfois tendre l'oreille pour écouter, car je l'ai tournée avec une tablette (mon appareil photo étant en bloc-opératoire, le pauvre). Merci pour votre indulgence. Les prochaines vidéos seront beaucoup mieux ! 

Je souhaite en fait, cherche un vrai tutoriel pour fabriquer sa propre feuille de papier washi. C'est en partie basé sur ce qu'il y a dans cette vidéo, mais avec plus d'analogies dans le processus de fabrication du washi :) 

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à commenter l'article ! Merci beaucoup et à bientôt ! 

Vide-poche en papier maché et Washi Inshû

Le papier-maché est une bonne idée pour recycler des vieux journaux, et son principe est on-ne-peut-plus ludique. En utilisant un moule de base, on applique des morceaux de papier imprégnés de colle. La colle sèche et durcit, le papier garde la forme du moule. On peut ainsi créer de nombreux objets utiles au quotidien. J’ai eu l’envie de faire un joli vide-poche car c'est une forme très simple à réaliser avec du papier-maché.

Tutoriel

J’ai préparé une colle en diluant :
• 1 part de colle à papier peint
• 1/2 part de colle blanche
• 1/2 part d’eau

J’ai pris comme moule de base une petite assiette (diamètre: 10cm), que j’ai protégé de cellophane. C’est le dos de l’assiette qui m’a servi de moule (voir le schéma ci-contre).

J’ai appliqué des bandes de papier magazine que j’ai généreusement induites de colle.

J’ai bien laissé sécher la 1ère couche de papier (une nuit ou sèche-cheveux). Puis j’ai de nouveau appliqué 5 à 6 couches de bandes induites de colle. De nouveau, j’ai fait séché pendant une nuit. Après démoulage, j’ai collé la dernière couche qui est celle du washi.

Une fois le vide-poche bien sec, je l’ai décoré avec un peu de peinture (acrylique) or et argent. Pour éviter que la peinture ne parte trop vite, j’ai appliqué un vernis.

Mobile doré en papier japonais

Les papiers yuzen de la Washi Box de Mars 2017 m'ont inspirés un très joli mobile. Lorsqu'une brise traverse la pièce, le soleil fait chatoyer les éléments dorés du mobiles. Je trouve que cela donne beaucoup de classe à mon intérieur :)  

Motif Japonais #7 - Ume

Ume 梅

Le motif Ume représente la fleur de prunier à 5 pétales. La symbolique de l’ume est très liée au début du printemps qui a lieu en Février au Japon. En effet, c’est vers la fin Février que la plupart des pruniers fleurissent. L’ origine de l'ume en tant que motif semble dater de l’époque Nara (8e), lorsque le Japon était encore très influencé par la culture chinoise, de laquelle le design de prunier est issue.

On retrouve aussi l’ume dans le Shochikubai 松竹梅, la combinaison de motifs de Pin 松 (matsu, sho), Bambou 竹 (take, chiku), Prunier 梅 (ume, bai). Notamment, pour O Shôgatsu (お正月), le Nouvel An japonais, cette combinaison est utilisé pour le kadomatsu (門松), l’arrangement végétal de pin et bambou qui orne l’entrée des maisons. L’ajout de l’ume en rouge & blanc (= couleurs du nouvel an) qui fleurit durant le climat encore froid des derniers mois de l’hiver/début du printemps, symbolise alors l’endurance.

Le motif stylisé à 5 ronds est lié à l’érudit de la période Heian (8e-12e), Michizane, qui écrivit de nombreux poèmes sur le prunier, son arbre favori. À sa mort, un sanctuaire, le Dazaifu-Tenmangu (Préfecture de Fukuoka), fut érigé à l’endroit où l’on enterra son corps, et un prunier qu’il affectionnait beaucoup fut transporté depuis Kyoto et transplanté dans ce sanctuaire.

Michizane fut déifié sous le nom de Tenjin (天神), suite à de nombreux malheurs qui s'abattirent sur la famille impériale Fujiwara, ennemie de Michizane. C’est pourquoi l’on retrouve souvent des pruniers dans les sanctuaires Tenmangu (天満宮), et que leurs emblèmes sont des ume stylisée par 5 ronds (ci-dessous baika, ume bachi ou hoshi ume bachi, selon les sanctuaires). De plus, les variantes du motif sont extrèmement nombreuses, comme vous pouvez le voir sur cette page regroupant tous les designs.

Reste le petit détail qui a son importance. Le motif ume ressemble beaucoup au motif de cerisier japonais sakura. Savez-vous comment distinguer les deux? C’est simple, le pétale de l’ume est symbolisé par une forme bien ronde (coupelle de la photo de gauche), alors que le pétale de sakura porte une entaille sur le haut (coupelle de la photo de droite). Dans la nature aussi, ce détail existe. La prochaine fois que vous verrez un arbre fleuri, observez ses pétales ;) Alors, ume ou sakura ?

En avril, c’est le mois de floraison des fleurs de cerisier ! La Washi Box met les sakura a l’honneur avec une box spéciale. Inscrivez-vous avant jusqu’au 31 Mars pour la recevoir :)

Références

Motif Japonais #6 - Yukiwa

Yukiwa 雪輪

yukiwa_motif_japonais_washi.jpg

Le motif yukiwa 雪輪 représente un flocon (輪 wa, rin; roue) de neige (雪 yuki) à six branches. Ce motif s’utilise autant pour symboliser la neige, qu’en tant que médaillon pour d’autres motifs. Il est dit que le yukiwa apparaît comme un souffle frais lorsqu’il est porté sur un kimono. Le yukiwa ne se limite donc pas à la saison hivernale, mais se retrouve au travers d'illustrations des 4 saisons, en même temps que des fleurs de cerisier, aiguille de pin ou feuille d’érable.

L’ origine du motif remonterait à l’époque Momoyama (17e s.), durant laquelle certains costumes du théâtre Noh arboraient des broderies de neige accumulée sur des saules pleureurs (yuki mochi yanagi) ou bambou sauvage (yuki mochi sasaki) (cf. image).

Puis, c’est durant l’époque Edo qui suivit la période Momoyama que le motif yukiwa connut son apogée sur les kimono, avec la parution du livre 雪華図説 (Sekkazusetsu; disponible en ligne http://dl.ndl.go.jp/info:ndljp/pid/2536975 ), un ouvrage regroupant les observations de cristaux de neige, faites par le seigneur Doi Toshitsura. Le motif stylisé yukiwa est tiré de cet ouvrage.

Le yukiwa est aussi utilisé comme kamon (emblème familial) par, entre autres, la famille Kawakami qui a fondé l’école de la cérémonie du thé Edosenka (江戸千家); le motif se retrouve sur le fukusa de l’école, l’étoffe qui sert à essuyer les instruments de thé.

 

 

Références
http://www.ikiya.jp/crest/nature/yukiwa.html
http://blog.livedoor.jp/halibako/archives/52165200.html
http://www.ikiya.jp/crest/nature/yukiwa.html

http://m3m3sk.blog55.fc2.com/blog-entry-23.html
Cliquez sur les images ne m'appartenant pas pour voir la source.

Motif Japonais #5 - Kanoko

Kanoko 鹿の子

Le motif kanoko (鹿の子) est issu de la technique shibori, la teinture par ligature. Avec le shibori, le tissu est pincé entre des fils avant d’être teint, la partie pincée restant blanche. Avec le kanoko shibori, la ligature se fait sur des tout petits noeuds peu espacés, ce qui au final donne un motif de petits cercles blancs serrés.

Ce motif rappelle les points blancs du pelage d’un faon, ce qui a donné son nom au motif (enfant (ko 子) de daim (shika 鹿)). Une hypothèse sur l’origine du nom viendrait de l’époque Nara et la présence de daim dans la capitale antique. La ville est d’ailleurs toujours occupée par des daims qui se baladent en liberté dans les parcs ^_^!

A Kyoto s’est développé le Hita kanoko shibori, qui couvre de large pan de soie, et est un processus de teinture extrêmement laborieux. Le kanoko shibori se réalisant le plus souvent sur de la soie, les pièces étaient considérées commes très luxueuse. En 1628, le gouvernement du shogunat Tokugawa promulgua des lois régissant les modes de consommation afin de rétablir un équilibre financier. Une des conséquences fut l'interdiction le port du kanoko shibori par les classes non-nobles (marchands, agriculteurs etc...).

Ce ban permit d’ailleurs l’élaboration de la technique de teinture yuzen, moins laborieuse mais pouvant reproduire des motifs très intriqués comme le kanoko. L’interdit fut levé plus tard, lors de la période Meiji et le renouveau du pays. Le motif de kanoko fut ensuite porté sur le papier chiyogami puis yuzen. Mais on le retrouve dans tous les arts décoratifs pour rappeler la somptuosité de soies kanoko d’origine.

Exposition 'Kimono' au Musée Guimet

Du 22 Février au 22 Mai se tient l'exposition "Kimono, au bonheur des dames" au Musée des Arts Asiatiques - Guimet à Paris. Etant à Paris pour quelques temps, j'ai sauté sur l'occasion :) J'ai acquis des nouvelles connaissances dans le domaine des technique de décoration, l'axe qui m'intéressait le plus dans l'exposition.

Et de fait, il y avait pas mal de vocabulaire et termes techniques, qui donnent pas mal de profondeur à l'expo, mais que j'ai pensés peu interprétable pour les personnes qui ne sont novices ni en japonais, ni en mercerie. Cela dépend peut-être si l'on vient voir l'expo en admirateur ou en autodidacte :)

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Le gros de l'expo présente des kimono kosode (petites manches), format de kimono porté quotidien, par opposition au furisode (manche balançante) aux manches très longues. Vous imaginez aller aux champs avec 1 mètre de tissu sous chaque bras ^_^' Il y a donc assez peu de pièces exceptionnelles car l'expo se focalise sur le vêtement de tous les jours. Mais la dernières partie de l'expo a vraiment des pièces 'waouh!' de la mode haute-couture. 

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Perso, j'ai pris beaucoup de notes, et chose très sympa, les photo sont autorisées! Pas comme au Japon, où souvent, on a pas le droit de prendre de photo dans les expo. Si vous ne pouvez pas aller à l'expo, vous pouvez toujours vous procurer le livre de l'expo dans lequel se trouve tous les textes et les photo de pièces exposées (et même un peu plus !). 

Exposition 'Kimono, au bonheur des dames'
Musée des Arts Asiatiques Guimet, Paris (France).
Métro 9 - Iéna
Entrée en 'Billet Combiné' (collection permanent + temporaire) uniquement (9.5€)
Entrée au Musée gratuite les 1er dimanche du mois (5/3, 2/4 et 7/5). 

Motif Japonais #4 - Kikkô

Kikkô pattern

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Le motif kikkô 亀甲 (ou kikkômonyô) est inspiré des écailles (kô 甲) de tortue (ki, kame 亀). Ce motif est extrêmement populaire au Japon car il appartient à la paire animale auspicieuse dite “Chôju” (長寿, longue prospérité) que sont la grue et la tortue (Tsurugame).

L’origine du motif remonte à l’époque Nara (8e siècle), et l’importation de l'ésotérisme et coutumes des dynasties chinoises. Par exemple, le motif kikkô se retrouve sur un plateau de jeu de go datant de cette époque (et exposé au Shosho-in à Nara). Puis le motif s’est transmis jusqu’à l’époque Heian et sa vie de court très riche. Durant cette époque, le kikkô fut utilisé comme motif distinctif pour les nobles et érudits faisant partis de la court impériale. L’ensemble du protocole de la cour est appelé en japonais yûsoku 有職, et les motifs (dont le kikkô) utilisés dans ce protocole, les yûsoku monyô (文様 monyô=motif). A la suite de nombreuses guerres qui fragilisèrent la vie de cour, les protocoles furent abandonnés jusqu’à l’époque Edo et le shogunat des Tokugawa où le motif de kikkô redevient populaire via les kimono du Nô et du kabuki (encore le kabuki à la rescousse!).

Le motif kikkô se décline en une variante hexagonale souvent avec une châtaigne d’eau (hishi 菱, un autre motif classique japonais pour un autre article!), ou à trois branches (bishamon kikkômonyô 毘沙門亀甲文様) porté sur l’armure du dieu Bishamon.

Si vous êtes adepte de la cuisine japonaise, vous reconnaîtrez ce motif sur les bouteilles de sauce soja de la marque Kikkoman, qui joue sur le mot kikkômon (紋 mon= emblême) et en fait son logo ;)