Motif Japonais #5 - Kanoko

Kanoko 鹿の子

Le motif kanoko (鹿の子) est issu de la technique shibori, la teinture par ligature. Avec le shibori, le tissu est pincé entre des fils avant d’être teint, la partie pincée restant blanche. Avec le kanoko shibori, la ligature se fait sur des tout petits noeuds peu espacés, ce qui au final donne un motif de petits cercles blancs serrés.

Ce motif rappelle les points blancs du pelage d’un faon, ce qui a donné son nom au motif (enfant (ko 子) de daim (shika 鹿)). Une hypothèse sur l’origine du nom viendrait de l’époque Nara et la présence de daim dans la capitale antique. La ville est d’ailleurs toujours occupée par des daims qui se baladent en liberté dans les parcs ^_^!

A Kyoto s’est développé le Hita kanoko shibori, qui couvre de large pan de soie, et est un processus de teinture extrêmement laborieux. Le kanoko shibori se réalisant le plus souvent sur de la soie, les pièces étaient considérées commes très luxueuse. En 1628, le gouvernement du shogunat Tokugawa promulgua des lois régissant les modes de consommation afin de rétablir un équilibre financier. Une des conséquences fut l'interdiction le port du kanoko shibori par les classes non-nobles (marchands, agriculteurs etc...).

Ce ban permit d’ailleurs l’élaboration de la technique de teinture yuzen, moins laborieuse mais pouvant reproduire des motifs très intriqués comme le kanoko. L’interdit fut levé plus tard, lors de la période Meiji et le renouveau du pays. Le motif de kanoko fut ensuite porté sur le papier chiyogami puis yuzen. Mais on le retrouve dans tous les arts décoratifs pour rappeler la somptuosité de soies kanoko d’origine.