Couleurs, motifs, textures, des trésors de papiers

The making of Japanese paper

The making of Japanese paper

The Japanese Paper Washi is a wonderful material that is used every day in Japan. It's also a medium of choice for all handicrafts and artistic creations. Being a centennial traditional craft, Japanese people have always born a profound love for the washi.

Il fut importé au Japon depuis la Chine au 10e siècle. C'est pendant de longues journées d'hiver, lorsque la période des travaux des champs n'avait pas lieu, que les paysans ont perfectionné la technique de fabrication pour aboutir à la manufacture du papier japonais. Un artisanat d'exception. Au cours du temps, le washi s'est paré de couleurs et de motifs pour devenir papier itajime, papier yuzenchiyogamikatazomeshi...


Les différents papiers japonais

Il existe une multitude de papiers japonais, issus du développement de la technique, de la sensibilité artistique des artisans ou de l'usage dont on en a besoin. Ci-dessous sont listés quelques types de papiers que l'on retrouve fréquemment dans les magasins de papier au Japon.

Washi - nom générique du papier japonais. Issu des fibres du kôzo (mûrier), du mistumata et du gampi principalement. Le washi se décline en toutes sortes de papier japonais, dont les exemple ci-dessous.


Unryu - papier 'Dragon (ryu) dans les nuages (un)' aux longues fibres de mûrier apparentes.


Chiyogami - papier dont les motifs , souvent simples, ont été élaborés au 17e siècle.
Yuzen - Papier aux motifs plus complexes, développés dans les ateliers de teinture de kimono de Kyoto vers les années 60.


Katazome - papier imprimé via une technique de pochoir (kata) et pâte de riz utilisée pour les réserves (blanc). 


Chirimen - papier froissé donnant un touché semblable au tissu de crêpe japonaise (chirimen)


Itajime - papier japonais washi coloré dont les motifs apparaissent par jeu de pliage entre 2 plaques de bois.


Aizome - papier teint à l'indigo (ai/bleu) pouvant présenté des motifs divers.


La fabrication du washi

Le papier japonais est issu de 3 arbustes à papier principalement: le kôzo (mûrier à papier, le plus couramment utilisé), le mitsumata et le gampi. La pulpe du washi n'est pas issue des fibres internes des arbrisseaux (qui sera en fait, du bois), mais de l'écorce qui entoure les branches.

KaritoriRécolte des branches d'arbrisseaux en hiver.
Mushi - Passage à la vapeur des branches. 
Kawahagi - Ecorchage des branches pour en récupérer l'écorce
Hoshi - Séchage des écorces
Takuri - La partie sombre de l'écorce est grattée (travail manuel ou machine rudimentaire)
Sarasu - Blanchissage des fibres au soleil (ou sur la neige yukisarashi)
Arai - Lavage des fibres dans l'eau froide
Shajuku - Les fibres sont bouillies pendant 2 à 3 heures dans une solution alkaline
Jojin - Les impuretés restantes sont retirées à la main dans un bain d'eau froide.
Hogusu - Battage à la main ou sous des pillons pour séparer les fibres. 
Dakai - Les fibres sont cisaillée dans une machine à lames (naginata) pour fabriquer la pulpe du papier.

Afin que la pulpe de papier reste en suspension dans l'eau du bac de fabrication, une solution micellaire faire à partir des racines du tororo aoi (famille des hibiscus) est ajoutée. Ces racines sont battues au maillet puis laissées à tremper dans de l'eau froide pour en excréter du micellium. De plus, cette colle végétale évitera que les fibres du papier ne se séparent lorsque que la feuille sera sèche, surtout si celle-ci est très fine.

Nagashi suki

Confection du papier

Après la fabrication de la pulpe, le papier est façonné en collectant celle-ci en suspension dans un bac, à l'aide d'un cadre et d'un écran ajourné en bambou. Le façonnage est appelé kamisuki 紙漉き.

Il existe 2 techniques de kami suki : 
Tame-suki 溜め漉き - on remplit (tame) puis on agite gentiment le cadre moulant pour répartir la pulpe; on laisse drainer l’eau à travers l’écran de bambou.

Nagashi suki 流し漉き - on évacue l’excès d’eau par des mouvements de va-et-vient énergiques puis un renversement du cadre pour que s'écoule (nagashi) le restant d’eau.